Du Mans (1923) au circuit d'Albi (1962) : les dix plus anciens des 40 circuits en activité dont notre annuaire documente l'année d'ouverture.
Quatre des dix circuits de ce classement ont été tracés avant la Seconde Guerre mondiale, et deux d’entre eux ne sont pas des pistes mais des rues de ville, fermées à la circulation le temps d’une course. Le classement porte sur les 40 circuits en activité dont notre annuaire documente l’année d’ouverture, sur 77 recensés.
1. Circuit des 24 Heures du Mans : 1923
Le Circuit des 24 Heures du Mans naît d’une idée de l’Automobile Club de l’Ouest : une épreuve d’endurance où les équipages se relaient jour et nuit. La première édition se dispute les 26 et 27 mai 1923 avec trente-trois équipages au départ. Le tracé, dit Circuit de la Sarthe, est semi-permanent : il emprunte des routes ouvertes à la circulation le reste de l’année. Long de plus de 17 km à l’origine, il mesure aujourd’hui 13,626 km pour 38 virages.
2. Autodrome de Linas-Montlhéry : 1924
L’autodrome de Linas-Montlhéry est construit à l’initiative de l’industriel Alexandre Lamblin, sur des plans de l’architecte Raymond Jamin. Sa pièce maîtresse, un anneau de vitesse de 2 548 mètres en béton aux virages relevés, est inaugurée le 4 octobre 1924. Entre 1925 et 1939, l’immense majorité des records du monde automobiles y sont battus. Après des décennies consacrées aux essais techniques sous l’égide de l’UTAC, le site a renoué avec une vocation événementielle à partir de 2010.
3. Circuit de Pau-Ville : 1933
Le circuit de Pau-Ville n’est pas une piste mais un parcours urbain de 2 769 mètres et 15 virages, tracé dans le centre de Pau. Les premières courses en ville datent de 1933, et la configuration actuelle, qui contourne le parc Beaumont, est utilisée depuis 1935. Le Grand Prix de Pau y accueille aujourd’hui des monoplaces de Formule régionale et des plateaux de voitures de tourisme.
4. Circuit des Remparts d’Angoulême : 1939
Dessiné pour la course du 2 juillet 1939, le circuit des Remparts est demeuré quasiment inchangé depuis : 1 279 mètres et 7 virages au pied des murailles d’Angoulême. Interrompu par la guerre, il a repris en 1947 avant d’être relancé en 1978. Il ne s’anime qu’une fois l’an, lors de la manifestation consacrée aux voitures anciennes qui porte son nom.
5. Circuit de l’Ouest Parisien (Dreux) : 1954
Le circuit de l’Ouest Parisien est le premier de ce classement à avoir été conçu comme outil industriel : le manufacturier Kléber-Colombes le crée en 1954 comme piste d’essais. Ses 2 100 mètres et 9 virages, à environ 45 minutes à l’ouest de Paris, en ont fait ensuite un terrain de roulage et de formation.
6 et 7. Charade et Mortefontaine : 1958
Deux ouvertures la même année, pour deux logiques opposées.
Le circuit de Charade est inauguré le 27 juillet 1958, dessiné autour de deux volcans au sud-ouest de Clermont-Ferrand après que la catastrophe des 24 Heures 1955 eut entraîné l’interdiction des circuits en ville. Son tracé d’origine de plus de 8 km a reçu quatre Grands Prix de France de Formule 1 (1965, 1969, 1970 et 1972). La version courte de 3 975 mètres utilisée aujourd’hui a accueilli sa première course en 1989.
Le circuit de Mortefontaine est construit à partir de 1956 par Simca pour tester ses modèles à l’abri des regards, derrière un mur d’enceinte de 8 kilomètres. Sa première piste, longue de 4 000 mètres, est achevée en 1958. Propriété de l’Utac depuis 2008, c’est un centre d’essais réservé aux constructeurs et aux équipementiers, qui n’ouvre pas au public.
8. Circuit de Nevers Magny-Cours : 1959
Magny-Cours commence en 1959 par une piste de karting, à l’initiative de Jean Bernigaud, alors maire de la commune. La piste de vitesse suit en 1961, et le circuit homologué pour la Formule 1 à la fin des années 1980. De 1991 à 2008, il accueille le Grand Prix de France, qu’il reprend alors au circuit Paul Ricard.
9. Circuit Paul Armagnac (Nogaro) : 1960
Le circuit de Nogaro est inauguré le 3 octobre 1960, et sa fiche indique qu’il devient à cette date le premier circuit automobile permanent de France. La formule appelle une précision, que ce classement rend visible : l’anneau de Montlhéry, permanent lui aussi, le précède de trente-six ans. Elle vaut pour la génération de circuits construits après-guerre pour remplacer les courses sur routes ouvertes, ce qui est précisément l’histoire de Nogaro, né des problèmes de sécurité du Rallye de l’Armagnac. Le tracé ne mesurait alors que 1 752 mètres, contre 3 636 aujourd’hui.
10. Circuit automobile Albi : 1962
Le circuit d’Albi est inauguré le 7 septembre 1962, construit au Séquestre autour d’un aérodrome pour remplacer le circuit des Planques, jugé trop dangereux. Il accueille dès le lendemain la vingtième édition du Grand Prix d’Albi, devant 30 000 spectateurs. Il reçoit les 12 et 13 septembre 2026 la reprise de la Coupe de France des Circuits après la trêve estivale.
Ce que ce classement ne dit pas
Il ne dit pas depuis quand on court sans interruption sur ces tracés. Angoulême s’est arrêté pendant la guerre, Charade a changé de dessin, Albi a cessé d’être un circuit permanent à partir de 1981, contraint par l’activité de l’aéroport voisin. L’année d’ouverture date une inauguration, pas une continuité.
Il ne dit pas non plus qu’on peut y rouler. Mortefontaine est fermé au public, Le Mans emprunte des routes départementales, Pau-Ville et Angoulême sont des rues de ville : quatre des dix ne se découvrent qu’en spectateur.
Enfin, le périmètre est celui de nos données. Trente-sept circuits en activité de notre annuaire n’ont pas d’année d’ouverture documentée à ce jour, et un tracé plus ancien peut s’y trouver. Les circuits fermés sont exclus : c’est le cas du circuit des Sables-d’Olonne, ouvert en 1959, dont le site a été cédé au Conservatoire du littoral.