Trente-huit virages au Mans, six à Croix en Ternois : le classement des 42 circuits en activité dont nous documentons le nombre de virages, et ce qu'il cache.
Sur les 77 circuits en activité de notre annuaire, 42 portent un nombre de virages sur leur fiche. C’est ce sous-ensemble que décrit le classement qui suit, et lui seul : que les trente-cinq autres n’aient pas ce champ renseigné ne dit rien de leur tracé, seulement que nous n’avons pas de chiffre sourçable à publier.
En tête, le Circuit des 24 Heures du Mans et ses 38 virages. En bas de liste, le circuit de Croix en Ternois, 6 virages pour 1 900 mètres. Entre les deux, le classement suit d’assez près la longueur des tracés, et c’est précisément ce qui le rend trompeur.
Treize circuits à quatorze virages ou plus
| Circuit | Virages | Longueur |
|---|---|---|
| Le Mans, Sarthe | 38 | 13 626 m |
| Mortefontaine, Oise | 22 | 5 200 m |
| Charade, Puy-de-Dôme | 18 | 3 975 m |
| Les Écuyers, Aisne | 18 | 3 500 m |
| Chambley, Meurthe-et-Moselle | 17 | 3 300 m |
| Magny-Cours, Nièvre | 17 | 4 411 m |
| Albi, Tarn | 15 | 3 551 m |
| Lédenon, Gard | 15 | 3 150 m |
| Mornay, Creuse | 15 | 2 000 m |
| Pau-Arnos, Pyrénées-Atlantiques | 15 | 3 030 m |
| Pau-Ville, Pyrénées-Atlantiques | 15 | 2 769 m |
| Paul Ricard, Var | 15 | 5 842 m |
| Nogaro, Gers | 14 | 3 636 m |
Le tableau compte treize lignes et non dix parce que les ex aequo tombent mal : six circuits sont à quinze virages, deux à dix-huit, deux à dix-sept. S’arrêter à dix aurait obligé à départager par un critère étranger au sujet.
Le nombre de virages est celui d’une configuration, pas d’un lieu
C’est la première précaution à prendre avec ce champ. Il décrit le tour que la fiche documente, pas une propriété permanente du site.
Charade en est le cas le plus net. Le tracé inauguré en 1958 autour des volcans faisait plus de 8 kilomètres et comptait une cinquantaine de virages. La version raccourcie de 3 975 mètres aménagée pour des raisons de sécurité, où la première course se dispute en 1989, en retient 18. Même lieu, même relief, trente virages de moins.
Le cas se répète partout où la piste est modulable. Mornay annonce jusqu’à huit configurations, et ses 15 virages sont ceux du tour complet de 2 000 mètres. À Paddock 42, la piste se module de 1 000 à 2 100 mètres : les 11 virages correspondent à la version de roulage libre, autour de 1 700 mètres.
Le Mans pousse la logique plus loin encore, puisque le site porte deux fiches distinctes. Le circuit de la Sarthe emprunte des routes ouvertes à la circulation le reste de l’année, mesure 13,626 km et compte 38 virages ; le Circuit Bugatti, tracé permanent du même site avec lequel il partage sa ligne des stands, en compte 11 pour 4 185 mètres.
Rapporté au kilomètre, le classement s’inverse
Un décompte brut récompense la longueur. Pour savoir à quelle fréquence un pilote tourne le volant, il faut diviser : 40 des 77 circuits en activité portent à la fois un nombre de virages et une longueur, ce qui autorise le calcul. Les valeurs sont arrondies au dixième.
| Circuit | Virages au km | Tracé |
|---|---|---|
| Essay, Orne | 10,7 | 10 virages en 937 m |
| Mornay, Creuse | 7,5 | 15 virages en 2 000 m |
| Paddock 42, Loire | 6,5 | 11 virages en 1 700 m |
| Folembray, Aisne | 6,3 | 13 virages en 2 050 m |
| Roussillon, Pyrénées-Orientales | 5,9 | 9 virages en 1 513 m |
| Le Bugey, Ain | 5,9 | 10 virages en 1 700 m |
| Lyon Saint-Laurent-de-Mure, Rhône | 5,9 | 10 virages en 1 700 m |
| Le Bourbonnais, Allier | 5,7 | 13 virages en 2 300 m |
| Vaison Piste, Saône-et-Loire | 5,5 | 11 virages en 2 000 m |
| Les Remparts d’Angoulême, Charente | 5,5 | 7 virages en 1 279 m |
Des treize circuits du premier tableau, seul Mornay se retrouve sur le podium de celui-ci. Et les trois derniers rangs des quarante reviennent à trois des plus longs tracés : Le Mans à 2,8 virages au kilomètre, le Bugatti et le Paul Ricard juste derrière, autour de 2,6. Le circuit qui compte le plus de virages est aussi l’un de ceux où l’on en rencontre le moins souvent.
Essay mérite sa propre réserve. Ses 937 mètres en font le tour le plus court de ces quarante, ce qui suffit à expliquer sa densité, mais c’est surtout une piste de rallycross à revêtement mixte, asphalte et terre dans le même tour. La comparer à un circuit de vitesse revient à rapprocher deux exercices différents.
Ce que ce chiffre ne dit pas
Un virage compté en vaut un autre, et c’est la limite de l’exercice. Une épingle au premier rapport et une courbe rapide prise à plein régime pèsent pareil dans le total. Le relief en est absent lui aussi : la fiche de Lédenon décrit un « triple gauche » et une ligne droite d’arrivée en forte montée, sur un tour qui accuse plus de 34 mètres de dénivelé, autant de choses qu’un décompte de virages ne restitue pas.
Les méthodes de comptage varient enfin d’une source à l’autre, notamment sur les courbes à double corde, tantôt comptées pour un virage, tantôt pour deux. Un écart d’une unité entre deux circuits voisins au classement ne se lit donc pas comme un écart réel.
Où sont les trous
Le champ est renseigné sur 42 des 77 circuits en activité, la longueur sur 61. L’intersection, celle qui rend la densité calculable, tombe à 40. Deux circuits portent un nombre de virages sans longueur documentée et sortent donc du second tableau : le Circuit Auto Thurigneux, dans l’Ain, avec 10 virages, et Lohéac, en Ille-et-Vilaine, avec 7. Combler ces trous est la condition pour que ce classement couvre un jour l’ensemble de l’annuaire, et il vaut mieux l’écrire que le laisser deviner.